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PortraitJUIN 2026 · 5 MIN

Aziz Diawara, l’étincelle guinéenne du lac de Constance

Vice-champion d’Europe des clubs puis vainqueur du Bosnia Open en trois jours : depuis son arrivée au TCC Friedrichshafen, le Guinéen de 25e rang mondial des −54 kg avance plus vite que le classement ne peut l’écrire.

Par la rédactionAfro Taekwondo

Sarajevo, dernière décade de juin. Le vendredi, Abdoul Aziz Aboubacar Diawara monte sur le podium des Championnats d’Europe des clubs, médaille d’argent des −54 kg autour du cou. Le lundi, le communiqué de son club allemand annonce qu’il vient de gagner le Bosnia Open, tournoi comptant pour le classement mondial, dans la même salle ou presque. Deux podiums en trois jours, à mille lieues de Conakry : voilà le rythme du seul Guinéen à ce niveau.

Les chiffres de juin le disaient déjà. En un mois, Diawara est passé du 36e au 25e rang mondial des −54 kg (46,88 points) et du 103e au 72e rang du tableau olympique des −58 — trente et une places avalées d’un coup. Cinquième Africain de sa catégorie, il est surtout le seul Guinéen à ce niveau : son pays ne compte que dix athlètes classés et aucun titre continental. Lui porte tout, et il le porte loin.

Un pays de dix classés, un homme dans le top 25 mondial.

Le laboratoire du lac de Constance

Le tournant a un nom et une adresse : le Taekwondo Competence Center de Friedrichshafen, sur la rive allemande du lac de Constance, centre de test adidas dirigé par Markus Kohlöffel, 8e dan. C’est sous les couleurs du BSV Friedrichshafen que Diawara a disputé les Championnats d’Europe des clubs de Sarajevo, ne cédant qu’en finale face à l’Égyptien Moataz Bellah Abu Sree — un duel d’Africains pour un titre européen, signe des temps. Et c’est encore avec ses coéquipiers du lac, la Néerlandaise Nielle Vroegh, sacrée chez les +73 kg, ou l’Équato-Guinéenne Veronica Esono, en bronze, qu’il a enchaîné deux jours plus tard par l’or du Bosnia Open.

L’environnement fait la différence. Au TCC, Diawara s’entraîne au quotidien avec des internationaux de plusieurs continents et enchaîne les tournois classés que l’Europe aligne à un rythme que l’Afrique n’offre pas encore. Le résultat se lit dans la colonne des points : eux grimpent, mois après mois.

Le meilleur reste à écrire

La trajectoire vient de loin. En 2024, au tournoi de qualification olympique africain de Dakar, Diawara s’était arrêté en quart de finale des −58 kg, battu par le Sénégalais Bocar Diop. Deux ans plus tard, il domine des tableaux européens. Et le plus savoureux est à venir : ses médailles de Sarajevo, décrochées après la photographie de juin, ne figurent encore dans aucun classement. Elles tomberont dans celui de juillet — au moment même où les compteurs olympiques, eux, repartent de zéro. Le classement actuel le sous-estime donc doublement : il ignore sa dernière semaine, et il mesure un monde qui va disparaître.

Le timing est idéal. Sur la route de Los Angeles 2028, personne ne part plus avec d’avance, et la catégorie reine de l’Afrique de l’Ouest — les Nigériens Mahamadou Amadou et Nouridine Issaka Garba trustent les 13e et 14e rangs mondiaux voisins — promet des retrouvailles à haute intensité. La Guinée n’a jamais eu d’athlète dans ces sphères. Elle en a un, et il accélère.

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Le portrait de la semaine · Données : World Taekwondo, juin 2026 · Afro Taekwondo, non affilié à WT ni à aucune fédération.