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DécryptageJUIN 2026 · 6 MIN

Cap sur Los Angeles 2028 : tout le monde repart de zéro

Le cycle olympique se referme : en juillet, tous les compteurs repartent de zéro. Nouveau système de classement, nouvelles règles de qualification, calendrier chargé : ce qui attend le continent sur la route de Los Angeles.

Par la rédactionAfro Taekwondo

Il y a des mois qui comptent double. Juillet 2026 sera de ceux-là : dans quelques jours, les points du classement olympique, accumulés depuis deux ans, seront effacés. Jendoubi, Eissa, Ossin, et tous les autres — chacun repartira de zéro. Ce n’est pas un accident, c’est le système : depuis Paris 2024, World Taekwondo a remplacé le vieux cycle de quatre ans par deux phases de deux ans, et la seconde s’ouvre en juillet. Elle mène droit à Los Angeles.

Les règles du nouveau jeu tiennent en trois principes. Un : le cycle court — une première phase de juillet 2024 à juin 2026, une seconde de juillet 2026 à juin 2028. Deux : la dépréciation — les points perdent 50 % de leur valeur au bout de douze mois. Trois : le reset — à la fin de chaque phase, tout est remis à zéro. Une réforme voulue en ligne avec les recommandations du CIO, pour un classement « plus juste et plus dynamique ». Traduction concrète : un exploit ne protège plus personne bien longtemps, et une révélation peut grimper très vite.

Le classement de juin dit qui l’on était. Celui de janvier 2028 dira qui va à Los Angeles.

Les règles de la qualification

Car c’est bien là que tout se joue. Les cinq premiers de chaque catégorie au classement olympique publié en janvier 2028 seront directement qualifiés pour les Jeux. Les autres billets se distribueront par les tournois de qualification continentaux — l’Afrique aura le sien —, par la série Grand Slam Champions, et par les places d’universalité. Le pays hôte, lui, est assuré d’un maximum de quatre quotas (deux hommes, deux femmes). Dernier détail qui n’en est pas un : les têtes de série olympiques seront établies sur le classement de juin 2028. Dix-huit mois pour se qualifier, six de plus pour bien se placer dans le tableau.

Le calendrier de la reconquête

La moisson commence dès la rentrée. Grand Prix de Muju du 5 au 7 septembre, Grand Prix de Paris du 9 au 11 octobre — 60 points au vainqueur à chaque fois —, puis le Grand Prix Final d’Astana les 28 et 29 novembre, à 100 points. L’année 2027 sera plus lourde encore : les Championnats du monde, à 140 points la couronne, se tiendront à Astana — une première pour le Kazakhstan —, avant trois Grands Prix (Rome, Paris, Manchester) et un Grand Prix Final à Taian, en Chine. Au sommet du barème, l’or olympique restera l’étalon : 200 points. Chaque week-end de compétition est désormais une brique de la maison de Los Angeles.

Ce que le continent peut en attendre

L’Afrique n’aborde pas ce cycle en spectatrice. La photo de fin de phase — le classement de juin — la montre plus dense que jamais : deux numéros un mondiaux (le Tunisien Jendoubi en −63 kg, l’Égyptien Eissa en −87), vingt-neuf athlètes du continent dans un top 20 mondial, et une génération qui pousse — l’Ivoirienne Kimi Laurène Ossin, cinquième mondiale olympique des +67 kg à 18 ans, le Guinéen Aziz Diawara, 25e mondial des −54. Les Championnats d’Afrique de Bamako, disputés fin mai devant 44 nations, ont distribué les dernières couronnes de l’ancien monde.

Le reset est une menace pour les installés et une aubaine pour les affamés. Ceux qui ont dominé le cycle précédent repartent avec leur expérience, pas avec leurs points ; ceux qui arrivent n’ont plus deux ans de retard à combler. C’est exactement le genre de remise des cartes où l’Afrique, jeune et en progression, a le plus à gagner. Rendez-vous à Muju pour la première levée.

Le portrait de la semaine · Données : World Taekwondo, juillet 2026.