Championne du monde cadette à 14 ans, vice-championne du monde senior à 17, victorieuse d’un Grand Prix à 18 en battant la championne du monde en titre : la pépite ivoirienne aborde la route de Los Angeles lancée à pleine vitesse.
Rome, 7 juin 2026. En finale des +67 kg du Grand Prix, Kimi Laurène Ossin fait face à la Chinoise Wu Wenzhe, championne du monde en titre. L’Ivoirienne a 18 ans, sa rivale a le palmarès. C’est la jeunesse qui gagne. Trois semaines après une finale continentale perdue à Bamako, la pépite d’Abidjan s’offre le plus grand tournoi de sa carrière — et une réponse à tous ceux qui la voyaient encore comme une promesse.
Le classement de juin la situe précisément : cinquième mondiale du tableau olympique des +67 kg avec 172,88 points, quatrième mondiale des −73 kg. À un âge où l’on dispute des championnats juniors, Ossin regarde le top 5 planétaire dans les yeux — loin devant son illustre aînée Ruth Gbagbi, 17e mondiale des −67, dont elle prend peu à peu le flambeau national.
Championne du monde cadette à 14 ans, vice-championne du monde senior à 17, tombeuse de la championne du monde en titre à 18.
La trajectoire donne le vertige. Sofia, juillet 2022 : à 14 ans, Ossin est championne du monde cadette des +59 kg, victoire nette en finale sur la Thaïlandaise Suphaphon Srimahathat. Deux ans plus tard, bronze aux Mondiaux juniors en −68 kg. Puis tout s’accélère : or junior à la President’s Cup Africa en avril 2025, et surtout, en octobre à Wuxi, une finale des Championnats du monde seniors pour sa toute première participation — l’argent des −73 kg, cédé à la seule Belge Sarah Chaâri. Dans la foulée, son pays la désigne meilleure athlète de l’année au Prix national d’excellence.
2026 confirme tout. Or au Dutch Open d’Eindhoven à la mi-mars. Finale des Championnats d’Afrique à Bamako fin mai — un titre de vice-championne continentale vécu comme une frustration, de son propre aveu. Et puis Rome, la plus belle des revanches. « Ça a été une bataille difficile, mais nous y sommes arrivés », confie-t-elle après sa victoire, en remerciant ses coachs et le ministère des Sports. Avant d’ajouter, comme un programme : « Le travail continue pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire et de son taekwondo. »
Le calendrier joue pour elle. En juillet, les points olympiques sont remis à zéro : la route vers Los Angeles 2028 s’ouvre, vierge, pour tout le monde. Sa victoire romaine, acquise après la photographie du classement de juin, tombera dans celui de juillet — les tout premiers points du nouveau cycle. Là où le reset menace les trentenaires installés, il libère une athlète qui aura 20 ans aux Jeux de Los Angeles, l’âge exact où les lourdes entrent dans leur pleine puissance.
Un seul nuage à l’horizon, et il n’est pas sur le tapis : sa fédération traverse des turbulences, et c’est en grande partie grâce à elle que le taekwondo ivoirien « reste dans le giron international », écrit la presse d’Abidjan. Héritière de la génération dorée de Cheick Sallah Cissé et Ruth Gbagbi, Ossin porte désormais l’ambition d’un pays entier. À 18 ans, elle en a déjà les épaules — et huit kilos d’avance sur son époque.