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PortraitJUIN 2026 · 5 MIN

Seif Eissa, le maître des −87

Médaillé de bronze à Tokyo chez les −80 kg, l’Égyptien a pris une catégorie au-dessus — et le pouvoir avec. Personne, nulle part, ne le devance en −87.

Par la rédactionAfro Taekwondo

Il y a des athlètes qui défendent leur territoire, et d’autres qui déménagent pour en conquérir un plus grand. Seif Eissa a fait le second choix. Le médaillé de bronze des Jeux de Tokyo, révélé au monde chez les −80 kg, règne aujourd’hui sur la catégorie du dessus : premier mondial des −87 kg, 218 points, et pas un seul athlète — d’Afrique, d’Asie, d’Europe ou d’ailleurs — devant lui.

À 28 ans, l’Égyptien est l’un des deux seuls Africains à tenir un rang de numéro un mondial ce mois-ci, avec le Tunisien Mohamed Khalil Jendoubi (−63 kg). Et son emprise ne s’arrête pas là : dans le tableau olympique des +80 kg, celui qui compte pour Los Angeles, Eissa pointe deuxième mondial avec 205 points — premier Africain, évidemment.

Il n’a pas défendu sa catégorie. Il en a pris une plus lourde, et il l’a prise entière.

L’enfant de Nanjing

La trajectoire est d’une cohérence rare. Bronze aux Jeux olympiques de la jeunesse de Nanjing en 2014, or aux Jeux africains de Gaborone dès 2015 : Eissa n’a jamais été une surprise, seulement une promesse qui s’exécute. Le bronze olympique de Tokyo, décroché chez les −80 kg, a fait de lui l’un des tout premiers médaillés égyptiens de ces Jeux — et le visage d’une fédération qui est aujourd’hui la locomotive du continent : 158 athlètes classés, sept titres continentaux, aucun pays africain ne pèse autant.

Depuis, l’or des Championnats d’Afrique de Dakar en 2021 et celui des Jeux méditerranéens d’Oran en 2022 ont complété un palmarès que peu de taekwondoïstes du continent peuvent aligner. Restait la question du poids. Grandir, mûrir, s’alourdir : beaucoup de médaillés s’y perdent. Eissa en a fait une arme.

Huit kilos plus haut

Le classement de juin en garde la trace : on trouve encore son nom loin dans les profondeurs des −80 kg mondiaux, vestige de l’ancienne vie, pendant que la nouvelle s’écrit tout en haut des −87. La bascule est totale. Et elle a une conséquence olympique directe : les −87 kg n’existent pas aux Jeux, où les lourds se retrouvent en +80. C’est donc là que son cap est fixé — deuxième mondial du tableau, à l’entame du nouveau cycle.

Car tout se rejoue maintenant. En juillet, les points olympiques sont remis à zéro : la route vers Los Angeles 2028 s’ouvre, pour lui comme pour tous. Le rang de départ ne protège personne — mais il dit qui l’on est au moment du départ. Numéro un mondial d’un côté, dauphin olympique de l’autre : le maître des −87 s’élance de la première ligne.

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Le portrait de la semaine · Données : World Taekwondo, juillet 2026.