Reportage exclusif · 4 – 5 juillet 2026 · Montargis

Open de Montargis l’Afrique au rendez-vous

Deux jours, 783 combattants, un gymnase du Loiret devenu carrefour du taekwondo mondial. Le Solidarity’s Center Open (G1) a réuni des cadets, des juniors, des seniors — et une Afrique venue nombreuse. Nous y étions, appareil en main.

5e éditionTournoi G1783 combattants6 aires de combat104 photos

Il y a des tournois qui se contentent de distribuer des points. Et il y a Montargis. Les 4 et 5 juillet 2026, la cinquième édition du Solidarity’s Center Open a rempli le complexe sportif du Puiseaux de 783 combattants venus de dizaines de nations — l’un des opens les plus courus de l’été, classé G1 au calendrier World Taekwondo, dix points au vainqueur dans la course au classement mondial. Sur les gradins comme au bord des six aires de combat, on parlait français, arabe, espagnol… et beaucoup les langues d’Afrique.

Une organisation qui porte bien son nom

« Solidarity » n’est pas un mot posé sur une affiche. Le tournoi de Montargis s’est bâti une réputation d’open ouvert à tous — des cadets aux seniors, avec une attention particulière portée aux athlètes réfugiés, accueillis dans le tableau comme dans le stage qui a suivi. Six aires de combat tournant sans interruption pendant deux jours, des podiums réglés au cordeau, un plateau d’arbitrage international : la mécanique était huilée, et elle a tenu la cadence d’un tableau à près de huit cents engagés.

Court 2 : la signalétique du Solidarity’s Center Open, six aires de combat au total.
Court 2 : la signalétique du Solidarity’s Center Open, six aires de combat au total.
Court 6 : deux jours de combats non-stop, des cadets aux seniors.
Court 6 : deux jours de combats non-stop, des cadets aux seniors.

Des légendes au bord des tapis

C’est l’autre marque de fabrique de Montargis : les champions n’y sont pas en photo sur les murs, ils sont au bord des tapis. Cheick Cissé, champion olympique de Rio 2016 et figure du taekwondo ivoirien, a suivi les combats au plus près — avant d’animer, dans la foulée du tournoi, le stage d’entraînement aux côtés d’un autre champion olympique, le Turc Servet Tazegül. Pascal Gentil, double médaillé de bronze olympique (Sydney 2000, Athènes 2004) et pilier du taekwondo français, siégeait à la table officielle. Pour les cadets qui disputaient là leur premier open international, difficile de rêver meilleur public.

Cheick Cissé, champion olympique de Rio 2016, au bord des tapis de Montargis.
Cheick Cissé, champion olympique de Rio 2016, au bord des tapis de Montargis.
À la table officielle, Pascal Gentil (au centre), double médaillé de bronze olympique (Sydney 2000, Athènes 2004).
À la table officielle, Pascal Gentil (au centre), double médaillé de bronze olympique (Sydney 2000, Athènes 2004).

Dans les travées, on croisait aussi les maillots du Taekwondo Competence Center de Friedrichshafen — ce club allemand du lac de Constance où s’aiguisent plusieurs internationaux africains, des visages que nos lecteurs connaissent bien.

L’Afrique sur les tapis — et sur les podiums

Le continent n’était pas venu faire de la figuration. Sur les dossards : le Sénégal, le Mali, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Togo, le Gabon, la Côte d’Ivoire, Madagascar, les Comores… Et le dimanche des seniors a tourné à la démonstration : sur seize catégories, l’Afrique a signé treize podiums, dont cinq titres, pour huit nations médaillées.

Les ors, d’abord. Le Sénégalais Bocar Diop, tête de série nº 1, a survolé les −63 kg. Le Marocain Haitam Zarhouti a dominé les −80 kg, et le Malien Boubacar Diaby a régné sur les +87 kg. Chez les femmes, doublé ivoirien : Nabintou Koné en −49 kg et Koumba Nanah-Hélène Ibo en −62 kg — quatre podiums en tout pour la Côte d’Ivoire, meilleure nation africaine du tournoi.

Derrière, les places d’honneur racontent la même profondeur. L’argent pour le Guinéen Abdoul Aziz Diawara en −54 kg — notre portrait du mois de juin, battu en finale après avoir écarté ses deux premiers adversaires —, pour le Malien Seydou Fofana en −74 kg et pour l’Équato-Guinéenne Veronica Ayang en +73 kg. Le bronze pour les Ivoiriens Issa Diakité (−63) et Mohamed Konaté (−80), pour le Bissau-Guinéen Paivou Gomis (+87), pour la Malienne Iman Kanouté (−67), et pour le Togolais Matéo Lawson (−80), qui a sorti un Britannique puis un Grec avant de ne céder qu’en demi-finale. Côté jeunes, la Congolaise Maëlle a arraché le bronze des −52 kg ; et la distinction n’était pas que sportive : l’arbitre international togolais Galé Tété Djramedo a été désigné parmi les quatre meilleurs du tournoi.

Treize podiums africains en un dimanche, à cent kilomètres de Paris : c’est aussi ça, la carte du taekwondo africain.

Tous les podiums, catégorie par catégorie →

Le drapeau du Sénégal déployé sur l’aire de combat.
Le drapeau du Sénégal déployé sur l’aire de combat.
La joie sénégalaise, drapeau en étendard.
La joie sénégalaise, drapeau en étendard.
Le Mali sur le praticable — la délégation repartira avec de l’or.
Le Mali sur le praticable — la délégation repartira avec de l’or.

À l’heure où les compteurs du classement mondial repartent de zéro pour le cycle olympique 2026–2028, chaque point compte double. Les moissons de juillet — dont celle de Montargis — se liront dans les classements des prochains mois, sur la longue route de Los Angeles 2028.

Le reportage complet — 104 photos

Deux jours d’objectif au ras des tapis : les combats, les coulisses, les officiels, les joies.

Photos © Afro Taekwondo / ATK — Montargis, 4 – 5 juillet 2026. Reproduction interdite sans autorisation. Athlète, coach ou parent : pour une image vous concernant, écrivez-nous.

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